Une Quasi-physicienne

Ce samedi: une citation de Schopenhauer

« Ce serait bien d’acheter des livres, si l’on pouvait acheter le temps de les lire. »

– Arthur Schopenhauer, Parerga et Paralipomena, 1851

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Les multi-taskers postulent mieux.

J’ai toujours eu un principe, c’est de ne pas démissionner avant d’avoir le prochain boulot. C’est un bon principe, sauf que cela implique forcément que l’on postule pendant qu’on bosse.

Les soirées après le boulot passées à écrire des lettres, des CVs, ça va encore. J’ai le temps de voir personne mais de toute facon je suis une introvertie donc je m’en fous. Les déceptions de ne voir aucun mail le lendemain, c’est chiant mais supportable.

Ce qui est vraiment dur, c’est de gérer les réponses positives. Oui.

Je reçois une réponse positive, une invitation à un entretien et là, d’abord je commence par être super contente. Genre je dois aller prendre un verre d’eau et faire quelques allée-retours dans le couloir. En essayant de ne pas trop sourire et ne pas se faire griller. J’appelle Seb et Caro et leur chuchote la nouvelle pour que personne n’entende.

Puis je relis le mail et j’suis contente de nouveau. Ah, je dois choisir une date pour un entretien. Vérification du calendrier. Je dois déplacer un lunch, donc j’envoie un mail. Je vais boire un café. Faut encore que je fasse ça. Réflexion sur ce que je vais raconter à l’entretien. Et puis putain j’ai besoin de dormir à Genève si je veux y arriver à 7h30.  Faut que je trouve un logement, donc je whatsapp un pote.

2 heure après, j’ai toujours pas repris mon boulot. J’ai toujours pas répondu au mail. Je me rappelle que je suis la plus nulle pour multi-tasker et que là je fais plus rien. On va me griller je vais me faire virer et je vais même pas avoir les postes.  La déprime.

Et je réalise qu’il y en avait encore, des choses à apprendre. A garder la tête froide lors des bonnes nouvelles par exemple. A guider sa concentration. J’ai peut-être appris à gérer mon effroyable incapacité à faire deux choses en même temps,  je dois maintenant apprendre à multi-tasker les émotions.

Sur le time-management.

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Survivre une journée en tant qu’introvertie

N. m’appelle le matin au bureau.

« B. je n’arrive plus à bosser »
« Il est 11h du mat. »
« Oui. Et je crois que je suis encore bourrée. »

Je ne sais pas quoi lui répondre. Avec mes quatre heures de sommeil mon cerveau ne fonctionnait pas plus que le sien. La faute à un fichu jeu addictif où il faut résoudre des énigmes.

1. Connaître son type de personnalité

Autant dire qu’on en menait pas large, les deux fraîchement-diplômées.

Je me suis dit que les difficultés de la transition études-boulot dépendaient de chacun. puis je me suis dit que non ça dépend de la personnalité de chacun. Et la bonne nouvelle c’est qu’il n’y a pas tant de catégories de personnalité. Il y en a 16 précisément, et on peut faire le test (c’est gratuit) ici pour découvrir le sien.

N, elle, est une ENFJ. Elle a besoin d’être aimée par son entourage, d’avoir des histoires à raconter et d’être intellectuellement stimulée. Si elle n’obtient pas tout ça au boulot, elle le trouvera en dehors.

2. Gérer les extravertis.

Donc elle me raconte ses histoires de soirées et de mecs en l’entrecoupant de théories sur les maximizers/satisficers et d’anecdotes drôles, parce que les ENFJ sont intéressants et savent bien raconter des histoires.

Sauf que les histoires de mecs ne m’intéressent pas. Mais je veux être une bonne amie. Et je sais que les extravertis ont besoin de parler pour penser: la zone cognitive de leur cerveau s’active en même temps que celle linguistique, contrairement à chez les introvertis où elle s’inhibe.

Donc pour être sympa j’écoute, mais seulement le début et la fin, et je les laisse réfléchir au milieu. Afin de ne pas finir complètement crevée.

3. Trouver son moyen de communication préféré

Parce que je suis une INTJ. On a tendance à perdre de l’énergie en étant avec des gens. Et surtout ça veut dire que je ne raconte pas bien les histoires, ce qui est très embêtant parce que c’est une compétence essentielle pour réussir dans tous les domaines de la vie.

C’est la raison pour laquelle j’écris ce blog. Parce que je dois m’y entraîner. Et je le précise ici pour que vous le sachiez et que vous vous dites, ah elle fait des efforts. Je veux paraître comme quelqu’un qui veut s’améliorer.

D’ailleurs je suis si mauvaise à raconter des histoires que j’ai déjà écrit un article entier sans traiter le sujet de mon titre. Je pourrais recommencer, ou le traficoter pour qu’il soit cohérent.

J’essaie d’introduire une numérotation. Ça a l’air de marcher. J’en utilise trois parce qu’un nombre impair d’arguments est toujours plus crédible. J’suis contente parce que j’adore les listes, et j’adore optimiser, tout, et donc forcément le temps passé à écrire un blog.

Organiser ses soirées selon ses défauts.

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Je crois que je suis la dernière à ne pas avoir encore vu Mad Men. A force d’entendre des réflexions sur la précision historique, les acteurs et (surtout) actrices, j’ai décidé de m’y mettre aussi.

Je me suis donc organisée une petite soirée comfortablement installée dans mon lit, les épisodes prêts à streamer, une assiette de cerises croquantes à porter de main.

Le premier épisode finit… C’est beau! Je me demande si je vais tomber amoureuse de Don.

Puis je me demande s’il y avait déjà des analyses sur les différents rôles et personnages dans la série. Si la série aidait vraiment la cause du féminisme. Et combien le tournage il a couté, le décor étant effectivement superbe. Et la cigarette quand exactement a-t-elle été jugée, de manière effective, mauvaise pour la santé aux états-unis (c’était en 1964 si jamais).

J’ai finalement passé la soirée à lire sur la série, plutôt que de la regarder.

Caro a dit que je n’étais pas fun comme personne. Elle a raison. Et je suis triste de ne pas avoir démontré plus de connaissance de soi, et de ne pas avoir planifier deux heures de plus à lire. J’aurais peut-être pas eu mes cernes aujourd’hui.